21 / 10 / 17

Patrick NEU,

Les Iris, l’univers du Cœur.

 

05 Octobre -04 Novembre 2017

 

 

 

La première fois que j’ai rencontré Patrick Neu , c’était chez lui ; la plupart de ses œuvres étaient réalisées directement sur des verres de vitrines et des verres à vin en cristal. Ces supports étaient recouverts d’une fine couche de suie noire striée de tracés extrêmement fins. Il y reproduisait partiellement des œuvres  de grands maîtres européens de la tradition classique. Il y avait accrochées là aussi des vestes tissées au moyen d’ailes d’abeilles dans un environnement simple et épuré ; j’ai cru pouvoir y déceler l’aspect raffiné et sensible de l’artiste. Peu de temps après, j’ai pu découvrir dans son atelier ses aquarelles d’iris ; immédiatement, devant toute cette effervescence de sentiments ainsi révélés, je me sentis comme transporté auprès de Lin Daiyu qui, procédait à «l’enfouissement des fleurs ».

 

Dans le grand roman chinois classique Le Rêve dans le  Pavillon Rouge , l’un des personnages principaux est une jeune femme, Lin Daiyu ; être maladif d’une sensibilité excessive et hors du commun, totalement envahie d’une passion pour les fleurs. Elle vint au monde le jour de la de Fête des fleurs  du calendrier lunaire chinois, et procède à son premier  « enterrement de fleurs » au cours du mois de mars lorsque la douceur du printemps provoque  les premiers épanouissements floraux. C’est en voyant Jia Baoyu, son cousin bien-aimé, secouer les branches d’un prunier dont les fleurs tombaient et disparaissaient dans un torrent, qu’elle pressent leur disparition inutile et considère devoir les enfouir dans le sol pour leur permettre une renaissance future. S’appliquer ainsi à la survie de la flore évoque bien sûr la santé délicate ainsi que la fragilité des aspirations amoureuses de la jeune et fragile héroïne.

 

Les cycles d’épanouissement et  de flétrissement des fleurs sont une règle de la nature ; le plaisir que procure la beauté de la floraison et la tristesse de son dépérissement sont immuables. Pour Lin Daiyu, il vaut sans doute mieux ne pas trop se réjouir de la beauté printanière, elle sera immanquablement suivie de la tristesse automnale. Lin Daiyu fait preuve d’une sensibilité d’une très grande pureté ; celle-ci lui inspire ses appréhensions exemplaires de ce qui constitue pour elle l’originalité, la précarité et la perfection de la vie et de la beauté. On pourrait ainsi dire que chez Patrick Neu, l’observation des iris avant le premier coup de pinceau et les premières émotions qu’elle produit chez lui sont peut-être parmi les plus beaux moments de sa création.

 

En Europe, l’on considère que la fleur d’iris est un symbole de lumière et de liberté ; l’iris blanc représente la pureté ; le bleu est une allégorie de l’élégance ou du lyrisme, il évoque également la fatalité de la passion solitaire qui pourrait disparaître mais aussi la beauté délicate, fragile, évanescente. L’iris pourpre décrirait l’amour, l’attachement et le bonheur accompli comme celui du fidèle qui possède la foi.

 

Pendant ses séjours dans un hôpital psychiatrique, Van Gogh a dessiné un iris sur un fond gris-vert avec une dominante bleu saphir, avec un unique iris blanc agité par une bourrasque de vent ; le voici alors libéré de ses émotions malingres. Plus tard, il réalisera des « Iris dans un vase », les inflorescences des fleurs s’y déploient dans les quatre directions en évoquant une puissante nostalgie du Sud.

 

Pour Patrick, le choix de ce thème est sans doute une manière de décrire la nostalgie de l’amour passé et perdu, il présente les différentes étapes de la vie des fleurs : le bourgeonnement, l’éclosion et le flétrissement. Périodes et moments saisissants ; isolés mais pourtant visiblement reliés les uns aux autres dans la manifestation alternative de la vie.

 

Les termes  français “nature morte” et anglais  “still life” expriment deux points de vue croisés et peut-être complémentaires ; ils décrivent aussi la continuité entre la vie et la mort. Dans la pensée orientale l’expression “Une fleur est un Monde”  renvoie à la transition entre  un microcosme et un macrocosme. Une fleur est en effet un univers en soi ; apprécier  la fleur avec une vision microscopique consiste à découvrir un paysage tout entier à travers les traits et les couleurs qui ont produit le dessin des fleurs. Les tracés du pinceau  révélés dans les aquarelles de Patrick, mêlés à son utilisation du blanc, sont tout comme les tracés des multiples paysages du monde avec leurs mille facettes de diversité.

 

Le cycle de la vie d’une fleur est court et périssable. Le travail de l’artiste quant à lui marque un arrêt. La succession de vie se modifie en quelque sorte , on quitte le cycle des renaissances, le samsâra, pour espérer atteindre, d’après la loi du karma, une possibilité d’éternel. La création de l’artiste est souvent le fruit d’une inspiration subite qu’il parvient à transcrire ; ici, le spectateur saura peut-être regarder enfin des peintures tout en regardant des fleurs.

S’il parvient à ce resultat, les larmes des enfouissements de fleurs de  Lin Daiyu n’auront  assurément pas été vaines…

 

Tseng Chi-Ming, Septembre 2017

Patrick NEU

21 / 010 / 17

 

帕特里克.努衣(Patrick Neu)

花。心世界

 

2017年10月5日至11月4日

 

初次到藝術家Patrick Neu家,看他當時創作的所有作品,在許多大型的水晶櫥櫃與水晶杯裡,窺見隱藏在幽暗煙灰裡極細的筆觸,描繪歷代東西方知名的繪畫作品,還有用輕薄的羽翼編織出的翎衫,整理地相當素淨的環境,讓人直覺創作者纖細且善感的一面。再次造訪是為他這新作鳶尾花系列,在當下像是看見一些情感與愛慕如出土般被挖掘出來,同時也聯想到黛玉葬花的畫面。

 

在中國著名的章回小說《紅樓夢》裡,林黛玉不僅生性善感,還特別憐惜花卉。農曆「花朝節」出生的她,在春暖花開的三月,看見被賈寶玉搖落紛飛的桃花在池水飄蕩,感到污穢,覺得花落之後應埋在土裡最乾淨。憐花暗示自身的虛弱與對愛情的憧憬,惜花則比喻尊重青春與生命。

 

花開花落是自然規律,誰也無法改變。花綻放的美麗,凋零的悲傷,這本是常情。但是,黛玉認為這樣的美麗還不如沒有的好,因為它的消逝反而給人增添憂傷。黛玉直透生命本質的淒美和對美的獨特感受,為美的消逝作了註腳。藝術創作者在動筆之前的觀察跟當時感動的初衷最是美麗。

 

就鳶尾花本身來說,在歐洲一般認為她是象徵光明的自由。白色鳶尾代表純真;藍色鳶尾是讚賞對方典雅大方或暗中仰慕,也代表著宿命中的游離和精緻美麗卻易碎、易逝的激情;紫色鳶尾則蘊涵著愛意、吉祥與信仰者的幸福。

 

而梵谷在療養院所創作的第一張鳶尾花,在灰綠色調裡的一大片寶藍,以及在強風動態下唯一挺立的那朵純白鳶尾花,有著救贖的寓意跟情緒的出口;而他後來再創作的《瓶中的鳶尾花》,四處擴張的枝枒卻是傳達他對南方的想念。

 

個人認為Patrick此次的題材選擇,是對於情愛的心焦情苦和愛戀的失落緬懷,表現於花的百態,時而含苞待放,時而盛開、枯萎或凋謝。裁選出一個個動人的瞬間,各自獨立卻也是一連串生命的展現。

 

而對於靜物畫的說法still life 〔仍然活著〕,Nature morte〔自然死亡〕,在英法文之間則呈現出兩種迴異的觀點,也是種生死觀的延續。在東方思想中的「一花一世界」指出,在微觀與宏觀的轉換間,一朵花就是一個宇宙。以微觀的方式賞花,遊走在花的紋理間就像看見山川的起伏,而此次Patrick鳶尾花水彩畫作的層次,猶如地表景色般變化萬千,留白的造境也自成一格,它讓花本身的姿態凸顯,像是出土文物般的讓人細細欣賞。

 

花的一生消逝於瞬間,但在繪畫創作裡時間彷彿就此停格,生命不再如常流轉,而是脫離輪迴得到另一永恆的可能。然而創作是一種的靈光乍現,看畫賞花的同時,透過這樣的定格,讓人觸發更深層的體悟,也不枉黛玉在葬花之前,曾經流下了多少眼淚。

03 / 05 / 17

Martín Salazar,

ou la statuaire et son envers

 

28 avril-15 juin 2017

 

 

 

La WITHoutARTgalerie est heureuse de vous inviter à la première exposition personnelle de Martín Salazar en France.

 

Le travail de cet artiste cosmopolite est à l’image de son parcours : d’origine péruvienne, il a en effet longtemps résidé et travaillé en Chine, avant de s’installer à Paris en conservant néanmoins un atelier à Pékin. Ses sculptures en bronze ou en bois peuvent être réparties d’après trois sources d’inspiration : sujets religieux réalisés notamment en réponse à des commandes au début de sa carrière ; motifs issus de l’art populaire traités de manière très personnelle et pittoresque ; enfin, transpositions de peintures essentiellement chinoises dans l’espace tridimensionnel de la statuaire.

 

Conformément à sa vocation transculturelle, la WITHoutARTgalerie expose en nombre ces sculptures inspirées de l’histoire de l’art chinois. Notons que parmi celles-ci, figurent des statues où Martín Salazar se livre à des interprétations intempestives voire burlesques de l’iconographie chinoise. L’atteste par exemple, le titre des œuvres suivantes : French Cancan à la mode chinoise, La Dame de Shanghai ou encore Marlène [Dietrich] ; ces personnages aux visages impassibles sont interprétées par des « Dames » inspirées de la peinture remontant à un âge d'or de la civilisation chinoise : la dynastie des Tang (618-907) ; mais Martín Salazar leur prête des attitudes et des vêtures occidentales et anachroniques, allant parfois jusqu’à les dévergonder.

 

Outre ces extrapolations et ces télescopages ou ces « collages » transculturels, Martín Salazar se distingue notamment par son aptitude remarquable à traduire en volume des attitudes corporelles ou des images issues d’une surface plane. Sa transposition en bronze du célèbre poète Li Bai représenté de profil est à cet égard exemplaire : malgré la densité matérielle du bronze et le traitement abréviatif des reliefs qui accrochent la lumière, cette statuette conserve la spontanéité et l’élan de l’original exécuté par Liang Kai, en quelques coups de pinceau et à l’encre de Chine. C’est aussi grâce à ce sens de « la posture » comme il l’appelle lui-même, que Martín Salazar parvient en virtuose à sculpter le vent qui balaie le Cheval et palefrenier en hiver qu’il a transposé d’après une œuvre de Zhao Mengfu. De même, son Miroir s’évertue à rendre visible la dimension virtuelle ou l’envers intangible de la sculpture, plutôt que de simples statues. Enfin, ce jeu entre dissimulation (ou omission) et exhibition (ou ostension), se retrouve dans les autres œuvres du statuaire, fussent-elles plus personnelles ou apparemment fantasques, telles par exemple La Corrida ou Le Canon.

Martín SALAZAR

07 / 06 / 16

 

马丁·圣拉赞(Martín Salazar)

雕塑

 

2017年5月15日-6月15日

 

 

“艺吾界”画廊荣幸隆重推出马汀.圣拉赞先生的在法国首次个展。

 

这位国际化艺术家的作品以物像展示的他的艺术轨迹,出生於南美洲的秘鲁,长期在中国北京学习工作,在定居法国巴黎的市立艺术家画室之后仍保留在北京的工作室。他的铜雕塑或木雕作品来自三个创作灵感:宗教题材源自艺术家早期的创作痕迹,题材带有强烈个人风格及图像色彩的民间艺术,以中国传统书画作品做基础转换成立体的形象。

 

与本画廊文化交转为理念之相符所展出的此次多数的铜、木雕塑作品是以中国历史绘画为基础所创作。展出的作品以中国画中人物,以滑稽可爱,毫不拘谨的方式展示以公众。如以下作品:(唐仕女格调的)[法国蓬蓬舞女],[上海女人],以及[玛丽琳.德的仕]。这些作品中不动声色的仕女面像是直接借鉴中国黄金时代唐朝的仕女图版中的形象,圣拉赞先生赋予她们的洋女的华服及声色,直至放荡不羁。

 

在这些推断及互创或« 剪贴»的文化交叉之外,马汀.圣拉赞先生也擅长把平面的图像转变成栩栩如生的立体人物。如把唐代大诗人李白的水墨画转换成立体铜塑人像:尽管是以铜像的密集质料和光线下所显示的简练立体线条,这座铜像还是保留了大画家梁楷原作中以简练水墨的笔画所表现出的自然激情。由于对摆“姿势”(艺术家语)的优势处理,使马汀.圣拉赞先生成为高手特别是在创作源自元代画家赵孟頫的“调良图”的这幅画作中的寒风吹拂中马和马夫的动感,使它完全不是一座简单的雕塑。最后值得一提的是在(掩饰或省略)和(展示或露骨)两者变化中穿插的作者其它的一些雕塑作品,像更具有个人特色或是幻想“斗牛者”,“大炮”。

08 / 09 / 16

Julien BLAINE

LIU Yi

Moo Chew WONG :

Graphimage(s)

versus pictographie(s)

 

22 septembre   ̶ 29 octobre 2016

 

 

 

À l’occasion de sa seconde exposition, la WITHOUTARTGALERIE présente  les trois artistes suivants : Julien Blaine, Liu Yi et Moo Chew Wong. Malgré la grande diversité de leurs origines, disciplines, techniques et parcours respectifs, la galerie réunit une fois encore des œuvres qui se risquent aux confins de la peinture et de l’écriture : ce poète, ce calligraphe et ce peintre, produisent tous à leur manière des graphimages et/ou des pictographies.

 

À commencer par Julien Blaine dont la galerie présente deux séries autographiques historiques  issues des ouvrages suivants : les Poëmes métaphysiques (1986) et la séquence des « Cinq sens » extraite de BiMOT  (1990), dûment pictographiés par le poète lui-même au pochoir, à l’huile et à l’acrylique, d’après des poèmes qui sont eux-mêmes des œuvres verbi-visuelles, optophonétiques ou iconotextuelles. Deux autres pièces anciennes jalonnent notamment le parcours au très long cours du poète-plasticien : le collage Écriture accidentelle (1971) et Vert Gazon (1964), unique vestige de son exposition de Modène alors acquise en totalité - ou presque - par un collectionneur.

 

Les encres veloutées et nimbées du Chinois Liu Yi sont elles aussi, inséparablement scripturales et picturales. Selon le grand sinologue Léon Vandermeersch, les graphimages sont des « traits de pinceaux cultivés hors sol idéographique chinois qui se revendiquent comme les créations d’une interidéographie métalinguistique universelle* ». Comme telles, ils ne transcrivent donc aucun idéogramme ni ne supposent aucun prétexte figuratif ; ni visuels (ou picturaux au sens occidental), ni lisibles (en un sens sinographique), les graphimages à l’encre et à l’acrylique de Liu Yi sont autant  (il)lisibles que (li)visibles.

 

Il n’en va pas autrement chez Moo Chew Wong, un parisien originaire de Malaisie. Sous le titre de Journal des Abbesses, le peintre nous propose une centaine d’aquarelles restituant la vie de cette place. Depuis la fenêtre de son domicile situé à deux pas du Bateau-lavoir, il s’emploie à tracer   ̶

à l’improviste et à main levée   ̶ , des véhicules mais surtout des… passantes. Le véritable motif de ces abréviations systématiquement datées est, outre le passage des choses et des personnes, celui des saisons. La vitesse d’exécution sans repentir de motifs fugitifs donne ainsi lieu à une figuration sténographique quasiment abstraite. La série de petites toiles érotiques intitulées Captures sollicitent elles aussi un certain effort d’accommodation visuelle de la part du spectateur : de près, on perçoit d’abord un fouillis de taches de couleur tandis qu’à distance, les corps des pin-up et leurs reflets en miroir apparaissent plus nettement.

 

Lors du vernissage de l’exposition, Julien Blaine exécutera une performance intitulée La Pythie claustrophobe : après avoir répandu des lettres au sol et les avoir peintes, le poëte vaticinera d’après leurs empreintes négatives…

 

 

(*) Léon Vandermeersch, Les deux raisons de la pensée chinoise, Divination et idéographie, Paris Gallimard, 2013 p.192

LIU Yi

Julien BLAINE

Moo Chew WONG

07 / 06 / 16

 

于连·布莱恩(Julien Blaine)

刘懿

高武剑(Moo-Chew WONG)

图像 vs. 图画

 

2016年9月22日-10月29日

开幕式

 

 

WITHoutART画廊在第二个展览之际推出于连·布莱恩、刘懿和高武剑三位艺术家联展。他们的背景、师从、技法和经历各不相同,本次展览再次汇集了处于绘画与书法交汇地带的作品:一位诗人、一位书法家、一位画家,他们创造了各自的图像或图画。

本次展览中于连·布莱恩的作品来自于他的两个自动书写系列:《玄言诗》(Poëmes métaphysiques,1986)和截取自《双词》(BiMOT,1990)的《五感》(Cinq sens),由画家本人亲笔配图,而诗歌本身就已经是语音-视觉之作(verbi-visuelles)了,或者说是像文(iconotextuelles)。另外两件旧作可以追溯到艺术家的青年时代:拼贴作品《意外写作》(Écriture accidentelle,1971)和《草绿色》(Vert Gazon,1964),这是他当年的摩德纳展览上仅存的作品,来自一位收藏家。

来自北京的艺术家刘懿的作品笼罩在水墨之中,同样也是图文并举的创作。据著名汉学家汪德迈(Léon Vandermeersch)所言,书像(graphimages)是“在中国表意文字的土壤之上培育出的笔墨情趣,如同创作出一种普适的源语言的表意系统”。因此,它们并不是转写任何表意文字,也不意味着任何形象化的借口;它们不属于西方意义上的图画范畴,也不属于语言学中的意义范畴。刘懿笔下融汇了水墨与丙烯的书像,游离在可读与不可读,可视与不可视之间。

对于马来西亚华裔的巴黎艺术家高武剑而言,他的艺术也是相类似的情况。在题为《蒙马特高地阿拜思日报》(Journal des Abbesses)的作品中,画家向我们展示了上百幅水彩作品,以复现阿拜思的生活场景。从他临近蒙马特高地毕加索画室的家中望向窗外,往来车辆与行人都是他画笔捕捉的对象。除展现匆匆过客之外,这些仔细标明时间的作品还表达了季节的更替流转。快速的笔触,不加修改的形象,赋予画面一种几近抽象的性质。小型系列情色油画《捕捉》(Captures)也展示出艺术家在视觉层面的努力:近看之下,我们首先会看到杂乱的色点,然而拉开一段距离,海报上的人体就浮现出来,而它们在镜中的映像还会更加清晰。

展览开幕式期间,于连·布莱恩将现场表演《皮提亚幽闭恐惧症》( Pythie claustrophobe):艺术家将把字母涂写绘画在地面上,然后提取它们的印文……

07 / 06 / 16

CHEN Danqing

Hans HARTUNG

Lumi MIZUTANI :

du scriptural au pictural

& réciproquement

 

16 juin–16 juillet 2016

 

 

Conformément à son projet artistique transculturel et à l’occasion de son inauguration, la WITHOUTARTGALERIE présente les artistes d’Occident et/ou d’Extrême-Orient suivants : Chen Danqing (Chine), Hans Hartung (France) et Lumi Mizutani (Japon).

 

Leurs œuvres ont en commun de proposer au visiteur trois façons différentes d’envisager l’écriture en peinture ou la peinture comme écriture. Chacun de ces artistes cosmopolites, aux parcours très divers, explore en effet l’implication réciproque du scriptural et du pictural dans la pictographie au sens proprement étymologique du terme : du latin picto– issu de pingere « peindre » et de –graphie, du grec graphein, écrire.

 

Rappelons à cet égard le constat naguère formulé par Roland Barthes dans L’obvie et l’obtus (1982) : « En réalité, si nous refusons l’idéogramme, c’est que nous tentons sans cesse, dans notre Occident, de substituer le règne de la parole à celui du geste ; pour des raisons qui relèvent d’une histoire véritablement monumentale, il est de notre intérêt de croire, de soutenir, d’affirmer scientifiquement que l’écriture n’est que la ¨transcription¨ du langage articulé : l’instrument d’un instrument : chaîne tout au long de laquelle c’est le corps qui disparaît. »

 

Or, dans l’histoire de l’art abstrait occidental, Hans Hartung est précisément l’artiste qui, en pionnier, s’est évertué à restituer au geste et au corps leurs lettres de noblesse. En 1976, il disait à propos de ses débuts : « Une seule chose était […] nécessaire : en premier lieu faire comprendre au public que le ¨sens¨ d’une toile abstraite ne pouvait pas être mis en paroles et encore moins dit avec des mots précis. » Avec ses tracés gestuels ou ses pictographies rythmiques ne renvoyant, ni à une iconographie ni à écriture préétablies, il aura systématiquement tenté de déjouer, comme l’indique ensuite Barthes, cette « loi ségrégative en vertu de laquelle nous expédions d’un côté les graphistes et de l’autre les peintres, d’un côté les romanciers, de l’autre les poètes : mais l’écriture est une : le discontinu qui la fonde partout fait de tout ce que nous écrivons, peignons, traçons, un seul texte. »

 

C’est ainsi qu’à sa manière, Chen Danqing – dont c’est la première exposition en France – fait inversement et textuellement de l’écriture (ou de calligraphies chinoises historiques), le motif privilégié de certaines de ses « natures mortes » (à l’huile). Ce faisant, il feint la spontanéité gestuelle de la calligraphie cursive. Quant à Lumi Mizutani, elle improvise et développe des « calligraphies » d’autant plus gestuelles que l’artiste fut à ses heures, danseuse, mime et actrice (Kabuki) ; contrairement aux apparences, ses écritures ne transcrivent aucun idéogramme ni aucune parole ; en réalité abstraites, elles ne véhiculent donc aucun sens ni aucun motif extrinsèques à leur dynamique et à leur plasticité.

 

La galerie MARTIN & GENCY accueillera l’exposition du 15 septembre au 14 octobre 2016 à Paris. Ce partenariat s’inscrit dans le sillage du projet artistique transculturel de la WITHOUTARTGALERIE et des éditions MARE & MARTIN qui publieront prochainement une monographie consacrée à Chen Danqing par le Pr. Stephen J. Goldberg (en langues anglaise, française et chinoise) ; à l’occasion de sa parution, l’exposition voyagera à Pékin.

Lumi MIZUTANI

Hans HARTUNG

CHEN Danqing

07 / 06 / 16

 

陈丹青

哈斯·哈同

水谷瑠美

徜徉在书与画之间

 

2016年6月16日-7月16日

 

 

本画廊将于开幕之际,本着跨文化的艺术宗旨,推出欧洲与东亚艺术家联展,参展艺术家为:陈丹青(中国)、汉斯·哈同(法国)和水谷留美(日本)。

 

他们作品的共通之处在于向观众展示了 “书画”或“画书”的三种不同方式。在这里,每一位国际化的艺术家都有各自的艺术经历,但他们都在“画书”(pictographie,源自拉丁语pingere[画]和希腊语graphein[写])中探索着文字与绘画的相互渗透。

 

罗兰·巴特曾在他1982年的著作《显义与晦义》(L’obvie et l’obtus)中写道:“实际上,我们之所以拒绝表意文字,是因力我们不停地试图在我们的西方以言语的影响来代替动作的影响;出于属于一种真正重要的历史的原因,我们有必要科学地相信、坚持和肯定,书写只不过是对于分节式发音的言语活动的‘誉写’,它是一种工具的工具:它是一种链条,沿着这个链条,是身体在消失。”

 

但在西方抽象艺术的历史中,汉斯·哈同恰恰是一直努力重新赋予手势与身体尊严的先锋艺术家。1976年,他这样谈及自己的初期作品:“只有一件事是……必要的:首先要让公众明白,一幅抽象绘画的意义是不可言喻的,更无法用某些特定的词语来表达。”他手势的痕迹或具有韵律感的“画书”,完全无法追溯到某个象征或既有的文本,正如罗兰·巴特所表明的,他试图系统性地反抗这种“分离法则,依靠这种法则,我们一方面应对图案设计者,另一方而应对油画家,一方而应对小说家,另一方面应对诗人;但是,书写是一体的:在到处起奠定作用的非连续性,又使一切成为我们所写、所画、所勾勒的东西,即唯一的文本”。

 

这也是首次在法国展出的陈丹青所采用的方式,他用写实油画的手法,将其表现主题——书写(中国传统书法)反转化和文本化。在这样做的同时,他自然会做出草书书写的手势。至于水谷留美,她不仅学习“书法”,而且还从事更具手势意味的艺术活动,即舞蹈、模仿和表演(歌舞伎)。与表面看来相反,她的书写并不誊写任何表意符号,因此作品属于抽象的维度,其律动与成形中并无任何意义传达或外在主题。

 

本次展览将于2016年9月15日至10月14日期间巡回至巴黎的马丁&让西画廊(Martin & Gency)举办。之后,WITHOUTARTGALERIE将继续与马尔&马丁出版社(Mare & Martin)合作,出版史蒂芬·J·古德伯格(Stephen J. Goldberg)教授关于陈丹青的专题研究(英、法、中三语),与此同时,本展览将巡回至北京展出。

 

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